QU'EST-CE QUE LA MAGIE ?
- AEKLA

- 23 févr.
- 11 min de lecture

La magie est une notion complexe qui recouvre des réalités très diverses selon les époques et les cultures. Il est difficile d’en donner une définition sur laquelle tout le monde s’accorde.
Pour mieux appréhender la notion de magie, il nous faut remonter à ses origines, le chamanisme, qui concerne les croyances et les pratiques des peuples primitifs.
De ces débuts sont nées toutes les magies et les religions de notre monde. On peut alors s’interroger sur les liens complexes qu’entretiennent magie et religion et évoquer les différentes sortes de magies qui peuvent exister.
Je vous ferai part ensuite de ma rencontre avec la magie et la Wicca, de ma vision de la magie, de ce qu’elle est, de ce qu’elle n’est pas à mes yeux, de ma façon de la pratiquer, pour finir par les précautions d’usage et quelques recommandations de lecture avant de vous lancer dans cette merveilleuse aventure.
Origines de la magie et chamanisme
Le chamanisme est un ensemble de croyances et de pratiques qui relie l’homme aux esprits de la nature. Son existence précède l’apparition des premières civilisations et se retrouvent chez tous les peuples primitifs du monde.
Le chaman est la personne considérée par sa tribu comme l'intermédiaire entre les hommes et les esprits. Il est à la fois sage, conseiller, guérisseur et voyant.
La pratique de certains rituels lui permettent d’atteindre des états de conscience modifiés. Grâce à la transe, il communie avec les forces de l’univers qu’il canalise pour servir sa communauté.
Les premiers chamans atteignent l’extase en faisant appel à des pratiques comme le jeûne, la soif, l’ingestion de substances hallucinogènes, la concentration… Puis les rituels de magie se sont enrichis avec l’utilisation de tambours, hochets, objets réfléchissants, musiques, danses, chants… L’usage de ces outils conjugués à l'obscurité, aux psalmodies et aux mouvements du corps finissent par submerger les sens et faire glisser la conscience du monde tangible au royaume plus vaste des énergies.
Tout le savoir magique a été recueilli grâce à ces mouvements de conscience. Le fait de communiquer avec les esprits et les divinités, avec les plantes et les animaux a ouvert de nouvelles perspectives d’apprentissage.
Magie et religion
De ces débuts primitifs et universels sont nées toutes les magies et les religions de notre monde.
Les systèmes de croyances auxquels nous adhérons en grandissant dépendent de l’époque, de l’endroit et du milieu dans lequel nous naissons. C’est pourquoi je ne pense pas que des croyances ou des religions soient supérieures à d’autres, ou pire, soient les seules valables.
Toute religion a sa part de magie, ou de merveilleux si l’on préfère. Les sanctuaires et les lieux de pèlerinage restent très fréquentés, les miracles, les apparitions ou les prodiges sont légion, le cortège des saints, martyrs ou anges que l’on peut invoquer est bien étoffé.
Pourtant, la plupart des religions établies condamnent la magie. Elle serait une soumission de forces surnaturelles, souvent considérées comme maléfiques, à notre demande pour obtenir un bienfait à des fins égoïstes. La religion, par la prière, établirait une relation d’amour avec Dieu à qui on pourrait alors adresser sa demande.
Loin de tout débat théologique, je pense que cette condamnation de la magie traduit avant tout une volonté des “nouvelles religions” de supplanter, voire d’éradiquer les “anciennes religions” et leurs pratiques. Non, s’adonner à la magie ne veut pas dire vouer un culte à Satan ou faire appel à des forces maléfiques pour faire le mal. Bien au contraire, le plus souvent. Tout dépend des énergies utilisées et des intentions de celui qui pratique la magie.
Ainsi, certaines religions condamnent la magie, d’autres l’intègrent à leur culte, tandis que certaines personnes pratiquent la magie en dehors de tout contexte religieux.
De mon point de vue, magie et religion peuvent coexister pacifiquement, voire s'entremêler joyeusement. Chacun est libre de faire son choix selon ce qui lui convient le mieux, sa culture d’origine, son parcours spirituel et ses préférences, dans la tolérance et le respect des autres et de leurs croyances.
Les magies
D’ailleurs, il n’ y a pas une magie, mais des magies.
Le terme de magie recouvre des réalités très diverses selon les époques et les cultures.
Dans nos sociétés occidentales modernes, la principale distinction est liée aux intentions de la personne qui pratique la magie. On parle alors de magie blanche et de magie noire.
La magie blanche est une magie bénéfique, utilisée à des fins altruistes, avec des moyens positifs. Elle guérit, protège, renforce, réconcilie… La couleur blanche symbolise la pureté, l’innocence, la paix et la justice. A l’inverse, la magie noire est utilisée pour faire du mal. Elle empoisonne, envoûte et influence l’autre de manière négative ou à des fins égoïstes.
Cette dichotomie est évidemment simpliste, mais il est important de l’avoir toujours à l’esprit et de nous interroger sur la nature de nos intentions quand nous pratiquons la magie.
Pour rester dans le domaine des couleurs, on peut mentionner la magie rouge, liée à la sexualité et l’amour, dont la nature est controversée : est-il bien de vouloir inciter une autre personne à nous aimer ou à nous revenir, indépendamment de sa volonté propre ? A chacun de se poser la question. La magie verte se concentre sur l’utilisation des herbes, des plantes et de la nature, pour leurs vertus médicinales, mais pas seulement. La magie bleue, souvent associée à l’élément eau, concerne les magies de protection et purification.
Bien d’autres distinctions peuvent être faites. La magie peut utiliser des ressources matérielles ou faire appel à des forces spirituelles. Elle peut venir de notre corps ou s’appuyer sur des objets. Elle peut passer par la parole (incantation, formule magique), par le geste, par la pensée ou la volonté (concentration), par l’imagination (rêve, visualisation). Les usages de la magie sont très variés : protection, guérison, prospérité, divination… Les rituels vont des plus simples au plus élaborés. Ils peuvent s’appuyer sur les éléments fondamentaux (l’air, l’eau, le feu, la terre dans la tradition occidentale), les plantes, les astres, les nombres, les symboles, les pierres… Les possibilités sont infinies.
Alors, comment s’y retrouver et par où commencer ?
Votre boussole : vos valeurs fondamentales.
Je vous conseille de commencer par vous intéresser à des croyances et des pratiques qui restent proches de votre culture d’origine et qui respectent vos valeurs fondamentales. Il sera toujours temps d’élargir vos horizons par la suite, au gré de votre cheminement spirituel.
Ma rencontre avec la magie
Je pourrais dire que ma rencontre avec la magie est le fruit d’un “heureux hasard”. Mes filles m’avaient offert une liseuse pour mon anniversaire. Mon aînée, souhaitant m’en montrer le fonctionnement, tombe sur une publicité qui propose de télécharger gratuitement un livre intitulé “Le guide complet de la sorcellerie selon Buckland”. Je m'exclame “Oh, mon Dieu, mais quelle horreur, tu ne vas quand même pas télécharger ça !”. Elle me répond : “On s’en fiche, c’est pour te montrer…”. Je n’avais pas l’intention de le lire, mais la curiosité l’a emporté. Je pouvais bien y jeter un œil pour voir si c’était intéressant. Et j’ai découvert là un sujet d’étude qui m’a très vite passionnée.
J’en profite pour préciser que ma réaction première est ce qui m’incite à parler de magie plutôt que de sorcellerie. Même si le terme est très en vogue ces dernières années et ne me pose plus de problème depuis longtemps, sa connotation négative reste très prégnante dans nos sociétés et pourrait en rebuter beaucoup. Des centaines d’années de préjugés ne vont pas s’envoler d’un coup de baguette magique et il est bon de laisser à chacun le temps de cheminer à son rythme.
La Wicca
Le livre de Raymond Buckland, par lequel j’ai commencé, concerne la Wicca.
La Wicca, à l’origine, est un mouvement religieux néo-païen fondé par le britannique Gérald Gardner dans les années 50. Il puise ses éléments de croyance dans le chamanisme, le druidisme, les mythologies gréco-romaines, slaves, celtiques et nordiques. Il prône un culte envers les forces créatrices de la nature, symbolisées par une déesse et un dieu et une pratique de la magie inspirée du paganisme, de la sorcellerie du Moyen-Âge et de nos campagnes. La vision et les règles de Gardner, de par leur rigidité de fonctionnement et leur approche maçonnique ne convenaient pas à tous. De nouvelles traditions n’ont pas tardé à émerger, permettant à chacun de trouver sa voie.
Parmi elles, la wicca éclectique donne la possibilité à ceux qui ne se sentent pas attirés par l’idée de suivre une tradition, d’écrire leur propre credo et d’établir leurs propres croyances. C’est ainsi que Scott Cunningham a légitimé la pratique en solitaire, l’auto-initiation ou le choix des divinités en fonction de ses sensibilités.
Le mieux pour vous faire une opinion est de lire sur le sujet, voir ce qui vous attire, vous rebute et fonctionne le mieux pour vous.
Ma vision de la magie
La définition que je préfère et qui me correspond le mieux est celle donnée par Scott Cunningham dans son ouvrage La Wicca, Guide de pratique individuelle : “La magie est la pratique qui consiste à mettre en mouvement les énergies naturelles pour causer un changement nécessaire.”
Pour moi, la magie est avant tout une spiritualité et un art de vivre en communion avec la nature et ses énergies. Je la pratique par la célébration, dans la joie et l’amour, des cycles de la lune et du soleil. Elle illumine mon quotidien, m’aide à devenir une meilleure personne et me guide dans mon cheminement spirituel.
Amour et liberté sont mes maîtres-mots. C’est pourquoi je ne pratique qu’une magie positive et bénéfique : au moins ne pas nuire et faire le bien quand on le peut.
L’amour est ce qui m’anime : amour du divin, des autres, de soi, de la vie, de la nature.
La liberté est mon credo : liberté dans ses croyances et ses pratiques, mais aussi respect de la liberté de l’autre.
Je pense qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises croyances, de bonnes ou mauvaises pratiques. Il y a celles qui vous conviennent et c’est tout ce qui compte. Les rituels que je partage sont une base pour commencer si votre vision de la magie s’accorde avec la mienne. A vous d'adapter librement ces rituels au gré de votre cheminement personnel. La magie est un art vivant qui évolue en même temps que nous.
La Magie en pratique
Voici quelques exemples concrets auxquels je me suis heurtée quand j'ai commencé à pratiquer la magie.
Il peut être recommandé de célébrer les rituels en extérieur pour favoriser la communion avec la nature et ses énergies. C’est cohérent, sauf que je ne serais pas tranquille à l’idée que quelqu’un tombe sur moi au milieu de ma célébration. Je préfère le confort douillet de mon salon. Je m’y sens en sécurité et je sais que je ne serai pas dérangée. Et pour nourrir mon lien à la nature, j’aime mieux les longues promenades.
Pour ce qui est de la tenue, je n’ai pas envie d’officier nue pour permettre à l’énergie de circuler sans entraves ou de porter une encombrante robe de cérémonie dont les larges manches risquent de s’enflammer au contact des bougies. Je préfère le port de vêtements confortables, en fibres naturelles, dans lesquels je me sens bien.
En ce qui concerne le moment, nombreux sont ceux à privilégier la nuit pour la réalisation de leurs rituels. Sauf que je me sens plus en forme en journée. Qu'à cela ne tienne, je tire mes rideaux pour créer une ambiance propice à la magie et le tour est joué.
Certaines pratiques, même si elles sont très intéressantes, me mettent mal à l’aise. C’est le cas de la nécromancie, qui consiste à interroger les morts sur notre avenir, ou, dans un autre registre, de la magie sexuelle qui utilise la force puissante de l’énergie sexuelle dans ses rituels. Je sais que ce n’est pas pour moi.
J’aime aussi la simplicité. Ma pratique se concentre sur l'essentiel, nécessite peu d’outils et quelques ingrédients faciles à trouver. En matière de divination, j’ai essayé plusieurs supports comme les runes, divers oracles ou le pendule. Finalement, j’en reviens toujours à mon bon vieux tarot de Marseille.
Enfin, par goût, ma pratique est solitaire et la communion avec la nature y occupe une place centrale. Et comme je suis une femme, la dimension féminine y revêt une grande importance.
Libre à vous de prendre ce qui vous convient et de faire vos propres expériences pour permettre à la magie d’éclairer votre chemin.
Ce que n'est pas la magie
Reprenons la définition de Scott Cunningham : “La magie est la pratique qui consiste à mettre en mouvement les énergies naturelles pour causer un changement nécessaire.”
Cette définition nous permet de préciser ce que n’est pas la magie.
Rien de surnaturel ou de paranormal, seulement des énergies naturelles, même si on ne les comprend pas toujours. Il nous incombe d’apprendre à les connaître et à travailler avec elles.
La magie n’est pas non plus un moyen d’obliger la nature à faire nos quatre volontés. Ce qu’on pense bon ou nécessaire de l’est pas forcément. Il est peu probable que gagner au loto soit nécessaire. Par contre payer sa facture d’électricité et avoir de quoi nourrir sa famille l'est certainement. De même, on peut avoir un coup de cœur pour une maison et être persuadé que c’est celle qu’il faut à notre bonheur. Pourtant, les difficultés s’accumulent et l’achat est sans cesse retardé. Peut-être n’est-ce pas la bonne maison pour nous, finalement ? Il convient de rester ouverts et réceptifs aux signes qui nous sont envoyés pour nous dire si nous sommes sur la bonne voie. La magie nous aide à clarifier notre esprit.
Enfin, la magie nous aide à nous aider nous-mêmes. Elle ne nous dispense pas de tout mettre en œuvre pour voir nos vœux se réaliser, au contraire, elle nous y encourage. C’est une démarche proactive. Nous sommes responsables de nos vies.
Si les fins de mois sont difficiles, nous pouvons pratiquer un rituel relatif à l’argent… Puis étudier notre budget pour voir si des économies peuvent être faites et réfléchir aux moyens d'augmenter nos revenus.
Il ne faudrait pas, à l’inverse, nous couper du monde matériel pour nous réfugier dans des royaumes spirituels ou magiques. Les deux sont indissociables et l’équilibre doit être préservé entre la matériel et le spirituel. Ce n’est qu’à travers la nature et notre corps que nous pouvons faire l’expérience d’autres réalités. Il nous incombe d’en prendre soin.
La magie n’est pas un moyen d’obtenir ce que l’on veut ou un refuge. Elle est bien plus. La magie est en nous et partout autour de nous, à chaque instant. C’est en la vivant que nous pouvons expérimenter sa nature et son pouvoir et lui permettre d’enchanter notre quotidien.
Précautions d'usage
Je commence par l’avertissement habituel selon lequel je décline toute responsabilité en cas de mauvaise utilisation ou d’utilisation inappropriée des ingrédients, pratiques ou rituels proposés. Et j’en profite pour mettre l’accent sur quelques dangers potentiels.
Lorsque nous utilisons des plantes ou des huiles, vérifions bien les contre-indications, les risques d'allergie ou les interactions pouvant être toxiques et ne les laissons pas à la portée de tous. Pour chaque ingrédient, il existe des substituts de remplacement. On peut choisir l’alternative qui nous convient.
Quand nous utilisons des bougies, ne les laissons pas allumées pendant la nuit ou en notre absence. Si un rituel indique de laisser une bougie se consumer entièrement, on le fait en plusieurs étapes si nécessaire et toujours en notre présence.
Et surtout, en cas de maladie, physique ou psychique, on consulte un médecin et on suit le traitement prescrit pour se soigner. Profitons à la fois des bienfaits de la magie et des avancées de la science.
De façon générale, faisons preuve de discernement et de réflexion dans nos lectures et nos pratiques. On peut vite se sentir submerger par un flot d’informations contradictoires plus ou moins sérieuses. Il convient de faire le tri en nous fiant à notre intelligence, nos valeurs, nos sentiments et notre intuition. Il est préférable de commencer par la lecture d’ouvrages de référence dans les domaines qui nous intéressent pour avoir des bases solides.
Je recommande aussi d’utiliser la magie seulement pour soi. Ce conseil nous évite d’interférer dans la vie des autres, car même avec les meilleures intentions, on peut se tromper et compliquer une situation. Au moins, si on fait une erreur, ça ne concerne que nous. On aura tôt fait de s’en rendre compte et de rectifier le tir si nécessaire. Et la magie que l’on fait pour soi est aussi plus efficace, puisqu’elle est imprégnée de nos émotions et de nos désirs.
Enfin, attention aux charlatans, escrocs ou mouvements sectaires qui gravitent autour du thème de l’ésotérisme. Quelques critères pour les reconnaître : ils prétendent détenir la vérité, ils cherchent à vous isoler de vos proches, ils s’ingénient à accroître leur emprise sur vous… Et au final, ils vous demandent de l’argent. Donc, prudence et vigilance.
Ces précautions étant prises, vous pouvez profiter pleinement de cette merveilleuse aventure qu'est la découverte de la magie !
Lectures recommandées pour débuter
Le guide complet de la sorcellerie selon Buckland
Raymond Buckland
La Wicca - Guide de pratique individuelle
Scott Cunningham




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